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Paroles... d'apprenants

MICHAEL, de l'APP de Pointe a Pitre Demandeur d'Emploi

ALGORA : Michael, pourquoi êtes-vous aujourd'hui à l'APP ?

Michael : A la suite d'un test psychotechnique de l'AFPA que je n'ai pas réussi. Je voulais suivre une formation qualifiante à l'AFPA : T.A.U.I. "Technicien Assistant d'Utilisateur Informatique". (Installation et maintenance d'un parc de micro-ordinateur au plan technique et logiciel). Cette formation "devrait" démarrer à la fin de cette année (2000). La 1ère session de cette formation devait commencer en métropole à Créteil, et je viens d'apprendre qu'elle pourrait se dérouler, ici en Guadeloupe, au Gosiers. J'ai un bac A3 littéraire, option musique. J'ai commencé des études de musicologie à la Sorbonne que je n'ai pas réussies malheureusement. En revenant aux Antilles, j'ai décidé de me "brancher" sur un secteur que j'aime particulièrement : l'informatique. Pour moi, il y a toujours un lien entre la musique et l'informatique ! Il y a de plus en plus de musique assistée par ordinateur. L'étude de l'acoustique repose aussi sur l'informatique. Je voulais trouver une activité dans ce secteur. Un accident de la circulation, dû à un chauffard, a bouleversé profondément ma vie. Je suis actuellement inscrit à l'ANPE, depuis plus de deux ans.

ALGORA : Comment êtes-vous arrivé à l'APP ?

Michael : L'AFPA m'a conseillé de suivre d'abord une première formation. J'ai choisi, sur les conseils de ma tante, l'organisme FORE qui m'a envoyé à l'APP.

ALGORA : Comment se sont passés vos premiers contacts l'APP ?

Michael : Tout naturellement ! J'ai découvert l'endroit, dans des locaux tout neuf, avec une équipe jeune qui m'a bien accueilli et bien conseillé.

ALGORA : Concrètement comment s'est passé votre contrat à l'APP, qu'avez-vous fait, avec quels outils ?

Michael : Mon contrat à l'APP s'est déroulé entre début février et mi-avril 2000. C'était beaucoup centré sur les mathématiques. On m'a fait passer un test d'entrée. J'ai rejoint un groupe d'une petite dizaine de personnes dans un atelier mathématiques, constitué au fur et mesure avec les nouvelles recrues. Je travaillais le matin de 8h30 à 12h30, tous les jours. J'ai commencé avec des exercices très simples. Il y a eu une progression dans la difficulté : mesure d'aires, de volumes, ensuite des équations et inéquations. On a vu aussi un peu de géométrie avec les théorèmes de Thalès et de Pythagore et un certain nombre de points sur les statistiques que j'ai particulièrement appréciés. C'était très pratique, surtout pour un jeune qui souhaiterait créer sa propre entreprise. Dans mon cursus au lycée, sans mentir, je n'avais jamais accroché, entre guillemets, avec les maths ! Je me suis dit, sorti du parcours scolaire normal, il fallait que je me remette aux mathématiques. Comme tout individu qui n'a pas réussi quelque chose dans sa vie, avec l'âge, avec l'expérience, il faut qu'il se remette sur ses bases. Aujourd'hui, je sais que les mathématiques sont indispensables ! A l'APP, j'ai travaillé avec des dossiers papier, et aussi, avec l'ordinateur (logiciels MAC VI et Mac V) ; 2/3 pour le papier et 1/3 pour l'informatique ça soulage, quand la tête chauffe, de passer à l'ordinateur (NDLR : la salle est climatisée !). C'est plus convivial dans certains domaines. L'usage des ordinateurs pour l'EAO dépendait de la disponibilité de la salle. C'était indiqué sur la feuille de planning. On a commencé avec des dossiers puis, avec l'ordinateur. Cela m'a été indiqué dès le départ (à la signature de mon contrat) que j'allais travailler alternativement avec l'ordinateur et avec des outils papier crayon.

ALGORA : En faisant vos exercices de mathématiques, avez-vous eu le sentiment de retourner à l'école ?

Michael : Dans une certaine mesure, mais si on regarde bien, on est livré à soi même. La différence, c'est qu'à l'APP, on a une main secourable ! Mais on se prend souvent en charge. Comme les exercices de départ étaient très simples, et les consignes claires, il suffisait d'avoir les formules à appliquer. Alors qu'à l'école, je ne voyais pas le lien entre la formule et l'exercice. De l'autre coté, je n'ai jamais ressenti la compétition entre les gens qui sont à l'APP.

ALGORA : Avez-vous eu le sentiment d'apprendre seul à l'APP ?

Michael : C'est vrai qu'il y a des choses que l'on apprend seul. On arrive à comprendre des choses, à faire le lien entre ce qu'on appris à l'école et aujourd'hui. Pour d'autres choses, il faut l'aide du formateur. Mais à l'APP, il y a sans arrêt des échanges avec les autres, à chacun sa spécialité, géométrie ou arithmétique, par exemple. En fonction de ce que l'on a besoin, on s'entraide. C'est le meilleur moyen de retenir ce que l'on apprend. L'aide du formateur est importante. Il permet une mise en confiance et il s'adapte au niveau de chacun. Avec un peu d'humour, il nous amène, à réfléchir un peu plus, à nous poser nous-mêmes les questions, à être plus logique.

ALGORA : Aujourd'hui, est ce que l'on peut dire que l'APP a conforté votre projet ?

Michael : Pendant le déroulement de mon contrat je n'ai pas perdu de vue l'objectif initial. Certaines lacunes en mathématiques ont été comblées. J'espère maintenant réussir mon prochain test psychotechnique. L'avantage maintenant, c'est que je sais qu'il y a d'autres tests possibles. Je ne suis plus centré sur une seule piste. Pour moi, l'APP est une étape importante car il m'a permis d'atteindre le niveau pour passer mon second test dans de meilleures conditions. J'espère aussi que la formation prévue par l'AFPA sera bien, conventionnée et qu'elle aura bien lieu. Aujourd'hui, je n'en suis pas totalement sûr !

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