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Paroles... d'apprenantsGUYLAINE, de l'APP de Saintes Demandeur d'emploi ALGORA : Pourquoi êtes-vous actuellement à l'APP ? Guylaine : Au départ j'étais aide-soignante. A la suite d'un accident de travail, je suis restée deux ans en arrêt maladie. J'ai aujourd'hui des problèmes de dos qui m'interdisent les stations prolongées debout ou assise. Je dois donc changer de métier. J'ai été reconnue "travailleur handicapé" par la COTOREP. Je viens à l'APP pour préparer mon entrée dans une école de la COTOREP pour devenir opticienne. Je me suis rendu compte que j'avais pas mal de lacunes, des choses à revoir en mathématiques et culture générale. ALGORA : Comment avez-vous eu l'idée de venir à l'APP ? Guylaine : C'est l'assistante sociale qui s'occupait de mon dossier à la COTOREP qui m'a parlé de l'APP. J'avais aussi une copine qui travaillait dans un APP sur Bayonne. ALGORA : Pouvez-vous me parler de votre projet et de son évolution ? Guylaine : J'avais une proposition de reclassement dans la clinique où je travaillais mais le poste ne m'intéressait pas ; j'ai donc demandé à faire une formation. Grâce au FONGECIF, j'ai pu faire un bilan de compétences alors que j'étais encore salariée. Au départ je ne savais pas vraiment quelle formation entreprendre ; j'ai toujours voulu être infirmière, mais avec mon accident, mon rêve s'est écroulé. Lors du bilan de compétences, je me suis rendu compte que le métier d'opticien m'intéressait et me permettrait de ne pas trop changer de branche, de rester proche du secteur médical. ALGORA : Comment pouvez-vous décrire votre parcours réalisé en APP ou à réaliser pour atteindre ce but ? Guylaine : J'ai débuté mes cours de remise à niveau à l'APP au mois de février et j'entre en formation à Limoges en septembre pour préparer le BEP d'opticien. Dans cette école, ils se sont rendu compte que tous les entrants n'avaient pas un niveau suffisant ; ils sont donc amenés à mettre en place des tests d'entrée. Moi je n'ai pas passé les tests ; mon dossier COTOREP a d'abord été refusé pour la formation d'opticien. J'ai argumenté avec l'aide d'un médecin pour montrer que mon handicap était compatible avec le métier d'opticien puisque j'ai remarqué que les opticiens ne sont pas toujours assis et ne restent pas longtemps debout. Pour moi, c'était un bon compromis. Ensuite, mon dossier COTOREP s'est égaré. Ils l'ont retrouvé mais je ne devais entrer à l'école qu'en 2001. Le fait que je vienne à l'APP a été un point positif dans mon dossier ; suite à un désistement, je vais pouvoir entrer à l'école en septembre 2000. ALGORA : Avez-vous eu l'impression de retourner à l'école ou bien avez-vous découvert autre chose ? Quelle impression avez-vous eue ? Guylaine : Au départ je croyais qu'à l'APP j'irais "en cours", "à l'école". J'ai été un peu surprise de me dire que j'allais commencer en cours d'année, alors que la rentrée scolaire était passée. En fait, je me suis rendu compte que la formation était vraiment personnalisée, en fonction du niveau de chacun. En arrivant j'ai fait des tests dans toutes les matières, sauf en informatique car je n'y connaissais rien. Après les tests, chacun avance en fonction de "son" niveau, à "sa" vitesse. Le "professeur", non "le formateur" - "professeur" ça fait vraiment "école" - le formateur donne les leçons à chacun en fonction de son programme. ALGORA : Quelles sont vos activités à l'APP ? Qu'avez-vous fait précisément ? Comment ? Guylaine : En optique il y a beaucoup de mathématique, je fais donc huit heures de mathématique par semaine à l'APP. Je fais aussi de l'informatique, du français et de l'anglais puisqu'il y a une épreuve d'anglais écrit au BEP. En français et en anglais, c'est la même formatrice donc la même façon de travailler. J'ai une leçon sur un livre et des exercices. C'est un travail personnel. Si nous ne comprenons pas, la formatrice est là pour nous expliquer. On fait les exercices et après on corrige ensemble. Suivant la compréhension de la leçon, soit on passe à la leçon suivante, soit on refait la même leçon mais sous une autre forme, autrement, avec un autre livre. En mathématiques, c'est un peu le même principe : une leçon avec des exercices. On demande au formateur de corriger et de nous aider à comprendre. Au départ, j'ai voulu reprendre le principe scolaire en faisant mes exercices à la maison. Le formateur m'a dit que c'était bien mais il m'a expliqué que les quatre heures à l'APP devaient permettre de demander de l'aide au formateur immédiatement plutôt que de ne pas faire un exercice parce que l'on ne comprend pas. Et puis à l'APP je suis là pour travailler, à la maison j'ai toujours autre chose à faire. On commence à travailler et puis le téléphone sonne, quelqu'un vient vous voir … Il y a des gens qui suivent des cours du CNED et qui viennent quand même ici pour travailler et pour être aidés à la compréhension. En informatique on travaille assez souvent seul, avec les livres, mais bien sûr le formateur est toujours là pour nous aider si besoin. Il y a toujours quelqu'un "sous la main" si je puis dire. ALGORA : Comment cela s'est-il passé avec les formateurs ? Quelle impression vous ont-ils fait ? Et avec les autres personnes de l'APP ? Guylaine : Au niveau relationnel, ce n'est pas une relation "professeur/élève", mais une relation entre deux personnes adultes : une personne adulte qui en aide une autre. Sans être familières, les relations sont conviviales, plus personnalisées qu'à l'école, dans le respect de chaque personne. Chacun a une responsabilité propre : le formateur et celui qui est en formation. On vient en formation pour évoluer, pour apprendre. ALGORA : Avec les autres apprenants, quelles relations avez-vous eues ? Guylaine : A l'APP, on se fait des copains. Il y a des personnes avec qui on a plus d'affinités que d'autres. Ce qui est bien, c'est que, de temps en temps, on se donne un coup de main sur les choses qu'on comprend moins bien. Ce n'est pas mal interprété par le formateur, au contraire. Il y a de l'entraide entre les gens. Chacun travaille sur son programme, pour soi, mais de temps en temps on s'entraide. Les gens qui passent des concours reviennent à l'APP pour donner les sujets pour que ceux qui préparent le même concours puissent travailler avec des sujets actualisés. Tout est réactualisé, les sujets de concours mais aussi ceux de BEP. On ne fait pas des cours pour faire des cours. Il y a une personne qui prépare le concours d'aide soignante et qui ne comprend pas toujours les termes médicaux. Comme j'ai gardé mes livres de ma première année d'école d'infirmière, je les ai amenés à Martine (la coordinatrice) pour aider l'autre personne. Chaque personne apporte son expérience professionnelle, personnelle ou scolaire ; ça aide les autres, ça sécurise. On en parle entre nous ALGORA : En dehors de ce que vous y apprenez et des progrès que vous faites, est-ce que l'APP vous apporte autre chose ? Guylaine : Lors de mon arrêt maladie puis de ma période de chômage, j'ai mal accepté de ne plus avoir de reconnaissance sociale. A l'APP, j'ai trouvé une reconnaissance personnelle, dans un groupe. Je me dis : je me lève le matin pour faire quelque chose qui m'apporte. Je retrouve la reconnaissance sociale, une place dans la société. Je me sens mieux. La formation permet de reprendre contact avec d'autres personnes que ses proches. On élargit le cercle de ses relations et donc de ses discussions. ALGORA : Si vous deviez faire le bilan de votre passage en APP, si vous vouliez le raconter à d'autres, qu'en diriez-vous ? Guylaine : L'APP c'est très bien. Je me suis rendue compte avec le bilan de compétences et les tests de départ que je n'avais pas tout perdu de mes connaissances. Au fur et à mesure des connaissances que l'on acquiert ou que l'on retrouve, la confiance en soi revient, se raffermit. Grâce à la remise à niveau, je vais pouvoir démarrer ma formation d'optique plus sereinement, moins stressée, plus en confiance. L'APP m'a remis dans le bain de la formation "en douceur". En septembre, dans la formation que je vais débuter, je vais retrouver un système scolaire avec des horaires réguliers, à plein temps. L'avantage de l'APP, c'est que l'on évolue. Dans un cours magistral, soit on comprend, soit on décroche car il n'y a pas de leçons personnalisées. Nous avons le droit d'utiliser le Centre de Documentation et d'Information (CDI) du CFA (dans les mêmes locaux). C'est intéressant pour approfondir. ALGORA : Alors à l'APP, tout est positif ? Guylaine : Si le groupe est trop nombreux, il arrive qu'on attende pour être corrigé. Au-delà de 10 personnes, ça devient problématique pour le formateur. |
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